lundi 31 octobre 2016

L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage, Haruki Murakami


Afficher l'image d'origineRésumé : Depuis le mois de juillet de sa deuxième année d'université jusqu'au mois de janvier de l'année suivante, Tsukuru Tazaki vécut en pensant presque exclusivement à la mort. Lui-même n'a jamais cherché la raison de son exclusion de son groupe d'amis. Pendant seize ans, Tsukuru a vécu comme Jonas dans le ventre de la baleine, comme un mort qui n'aurait pas encore compris qu'il était mort. Il est devenu architecte, il dessine des gares. Il s'est contenté d'enfouir sa douleur et ne plus y penser. Et puis Sara est entrée dans sa vie. Tsukuru l'intrigue mais elle le sent hors d'atteinte, comme séparé du monde par une frontière invisible. Avant de pouvoir entamer une relation avec elle, il faut qu'il comprenne pourquoi il est incapable de s'attacher à quelqu'un. Alors, Tsukuru Tazaki va entamer son pèlerinage de Nagoya jusqu'en Finlande, lui qui n'a jamais quitté le Japon.


Quatrième de couverture : A Nagoya, ils étaient cinq amis, inséparables. L'un, Akamatsu, était surnommé Rouge ; Ômi était Bleu ; Shirane était Blanche et Kurono, Noire. Tsukuru Tazaki, lui, était sans couleur. Puis Tsukuru a gagné Tokyo. Un jour, ils lui ont signifié qu'ils ne voulaient plus jamais le voir. Sans raison. Pendant seieze ans, celui qui est devenu architecte a vécu séparé du monde. Avant de rencontrer Sara. Pour vivre cet amour, Tsukuru devra entamer son pèlerinage et confronter le passé pour comprendre ce qui brisé le cercle.
Après la trilogie 1Q84, une œuvre nostalgique et grave qui fait écho aux premiers titres du maître, La Ballade de l'impossible notamment.

Mon avis : Roman de la mélancolie, du temps passé qui ne reviendra jamais, de l'introspection ; je ne sais pas trop quoi en penser. L'histoire suit un fil que j'ai du mal à comprendre. C'est comme si derrière, il n'y avait pas de fond, comme si il ne fallait pas chercher un sens à tout. Bien sûre, les thèmes de l'appartenance à un groupe, l'amitié, l'exclusion, la solitude, le passage à l'âge adulte sont effleurés mais sans profondeur apparente. La fin, d'ailleurs, reste ouverte. Rien de particulier, pas de dénouement spectaculaire. C'est un peu le style des premiers romans de Murakami.  Un pèlerinage dans son passé pour pouvoir envisager un avenir, tel est le voyage de Tsukuru Tazaki. Traumatisé par un abandon, il a vécu dans une solitude volontaire, et pense-t-il, propice à lui éviter d'autres peines. Mais cette façon de vivre dans le monde sans s'y mêler ne pouvait durer. Il va devoir déconstruire son passé pour se construire un futur. Quête de la vérité mais aussi quête de soi, son parcours nostalgique dans les méandres de l'amitié est aussi une analyse de la nature humaine. L'auteur semble simplement relater des faits sur la vie et sur la mort, l'expérience de soi et du subconscient. Il nous fait réfléchir sans jamais nous donner de solution finale. C'est un voyage intérieur, une quête initiatique mais rien n'indique si le protagoniste en a tiré ou non un enseignement particulier, s'il s'est profondément interrogé sur le sens de son existence, s'il a remis en question le monde dans lequel il vivait... Rien n'indique que le chemin parcouru l'a fait grandir, qu'il a mûri. Certes, le retour en arrière et la réflexion sur son adolescence et la vie adulte de ses camarades nous montre différents chemins pris en fonction de certains choix de vie. Toutefois, il me reste ce sentiment mitigé en refermant le livre, comme si je n'avais pas du tout compris ce que l'auteur cherchait à me dire. Mais c'est justement ça le fond, ce "je ne sais quoi justement que l'auteur a voulu me transmettre" et qui m'a laissé la plus forte impression. Bref, je trouve finalement que ça reste assez superficiel et qu'il aurait gagné à aller davantage en profondeur de chacun des thèmes évoqués.
Afficher l'image d'origineIl est à noter que la musique est encore très présente dans cet ouvrage. Ici il s'agit des Années de pèlerinage de Liszt et plus particulièrement le Mal du pays qui accompagne Tsukuru depuis son appartenance au groupe de cinq étudiants formé lors de ses années de lycée à Nagoya


Pour aller plus loin : Honnêtement, j'ai beaucoup de mal à me faire une opinion sur l'écriture de cet écrivain primé à plusieurs reprises. Je trouve le style assez inégal. Aussi, il me parait nécessaire de lire d'autres ouvrages du même auteur. Je vais donc me diriger vers une œuvre beaucoup moins partagée, un grand classique : Kafka sur le rivage. Aussi, je vous dis à très bientôt pour un article sur ce livre.

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