mardi 8 novembre 2016

Kafka sur le rivage, Haruki Murakami

Afficher l'image d'origine Résumé : Le jour de ses quinze ans, Kafka (c'est le nom qu'il s'est choisi) décide fuguer. Il n'en peut plus de vivre auprès d'un père, sculpteur renommé, qui ne s'intéresse pas à lui et l'a accablé d'une terrible prédiction : un jour Kafka tuera son père, violera sa mère et sa soeur. de quoi plomber un avenir…
Il organise son départ de Tokyo, choisissant la destination avec soin : un endroit où il fait beau pour ne pas avoir trop de vêtements à emporter. Il prépare très bien son voyage, réserve ses billets, prévoit hôtels, nourriture bref tout ce dont il peut avoir besoin.
Pendant le voyage, il fait la connaissance d'une jeune femme, Sakura, qui se dirige aussi vers Takamatsu et il finit par arriver dans une bibliothèque privée appartenant à une riche famille, la bibliothèque Komura. Il se lie avec Oshima, femme qui préfère être un homme et Melle Saeki la directrice.
Pendant ce temps, Nakata, un vieux monsieur, qui a été victime d'un coma quand il était enfant et a perdu définitivement sa mémoire alors qu'il était doué à l'école et a gagné sa vie en faisant des meubles, lui-aussi quitte Tokyo pour se rendre vers Takamatsu en faisant du stop...

Quatrième de couverture : Un adolescent, Kafka Tamura, quitte la maison familiale de Tokyo pour échapper à une malédiction oedipienne proférée par son père. De l'autre côté de l'archipel, Nakata, un vieil homme amnésique, décide lui aussi de prendre la route. Leurs deux destinées s'entremêlent pour devenir le miroir l'une de l'autre, tandis que, sur leur chemin, la réalité bruisse d'un murmure envoûtant.

Mon avis : Je ne regrette d'avoir lu cet autre roman de Murakami. Comme je le pensais, l'écriture et le style est assez inégal et il faut vraiment se faire sa propre opinion en lisant chacun de ses ouvrages. J'ai beaucoup plus accroché à ce roman et à son univers poétique. La fin est néanmoins toujours aussi déroutante. Encore une fois, le lecteur est invité à se poser un certain nombre de questions. On cherche encore le sens caché de toute cette histoire, comme une parabole. Y en-a-t-il seulement un ? Quel est le lien entre Kafka et Nakata ? Le non-sens, l'absurde, un clin d'oeil à l'écrivain éponyme ? La transformation, et puisque le titre lui rend hommage et que l’œuvre de Franz Kafka est un pilier référentiel (mais pas le seul, loin de là) de ce conte mythologique moderne, la métamorphose. La métamorphose, c'est la naissance à un état supérieur de son propre être. Il y a, comme dans les rites (ou les voyages) initiatiques, abandon de ce qui fut soi et création d'un être nouveau, soi. Le roman initiatique, c'est donc un voyage vers soi.
On retrouve néanmoins les mêmes thèmes que dans L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage : le roman d'initiation, la poésie, les métaphores... Celui-ci est pour moi bien plus réussi dans le sens où Kafka avance dans sa quête de lui-même, il atteint son but, ce pour quoi il apprend au fur et à mesure de ses expériences. D'ailleurs, bien évidemment, c'est loin d'être simple. Kafka semble perdu dans son propre labyrinthe intérieur dans lequel il est question notammentde la responsabilité : si l'on rêve qu'on tue, est-ce qu'on tue réellement ? La responsabilité commence-t-elle dans les rêves, dans l'imagination ? La culpabilité est-elle inévitable ? Et puis, l'expérience de la solitude dans la forêt, la communion profonde avec la Nature, l'incursion à l'entrée du Royaume de la Mort, l'amour fou avec …la mère ? Chacun des personnages se voit plus ou moins manipulé soit par ses rencontres, soit par l'ombre d'un destin qui guide leur aventure, qu'ils le veuillent ou non. Chacun d'eux est conduit, par différents moyens, vers un lieu à un moment donné pour y rencontrer sa propre vérité. Malgré tout, le style est simple, la lecture est aisée et accessible à tous.
Quant à l'intrigue en elle-même, c'est une pelote que Murakami déroule devant nos yeux, elle est loin d'être ennuyeuse. On suit avec enthousiasme toutes ces histoires en se demandant ce qu'il va finir par se passer et quelle est la place de la réalité dans tout cet imbroglio. Ce charme si particulier nous entraîne dans un univers dans lequel on ne voit pas le temps passer. Les liens entre les personnages sont parfois difficiles à percevoir : on peut penser qu'un lien va se créer entre Nataka et Kafka, les deux héros du roman, qui empruntent le même chemin semble-t-il... Tout ça pour ça ? Oui, justement, mais quel voyage !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Veuillez rester poli et courtois