Thérèse Desqueyroux de François Mauriac
Quatrième de couverture : Pour éviter le scandale et protéger les intérêts de leur fille, Bernard Desqueyroux, que sa femme Thérèse a tenté d'empoisonner, dépose de telle sorte qu'elle bénéficie d'un non-lieu. Enfermée dans la chambre, Thérèse tombe dans une prostration si complète que son mari, effrayé, ne sait plus quelle décision prendre. Doit-il lui rendre sa liberté ? Dans ce livre envoûtant, François Mauriac a réussi un portrait de criminelle fascinant.
Mon avis : Croyez-le ou non, je n'ai jamais eu l'occasion de le lire pendant ma scolarité. C'est donc la première fois que je l'ai lu, avec mon regard d'adulte. Et je l'ai trouvé incroyablement féministe pour l'époque. Adopter le point de vue d'une femme, qui plus est se rend coupable de tentative de meurtre sur la sacro sainte figure du père de famille, aborder des thèmes aussi modernes que la dépression post-partum...
Le livre est court, l'écriture simple, très facile à lire pour des adolescents. Il est vrai que j'ai un peu trouvé dommage que ce soit aussi court pour des thèmes aussi importants. Mais cette légèreté et le fait d'à peine effleurer ces problématiques est justement ce qui le rend abordable à tout public. En adoptant le point de vue de Thérèse, cela rend le personnage plus humain et permet au lecteur de comprendre le cheminement de sa pensée. Il s'agit somme toute d'une femme ordinaire, emprisonnée par son quotidien d'épouse et de mère. Et elle a craqué. Aujourd'hui, on comprend mieux. A cette époque, on ne pouvait pas comprendre qu'une femme puisse éprouver de tels sentiments. Qui, de cette société ou de Thérèse, est la plus criminelle en tuant à petit feu ?
Les rêveries de Thérèse offrent de belles pages de poésie, tantôt naturalistes, tantôt romantiques. François Mauriac aimait les mots et cela se ressent dans ce livre aussi petit soit-il.
Pour aller plus loin : Je n'ai pas vu l'adaptation cinématographique de Claude Miller avec Audrey Toutou dont le rôle devait lui aller comme un gant. Pour explorer d'autres histoires de femmes qui se libèrent des carcans de la société, on peut penser à Anna Karénine ou à Madame Bovary bien sûr. Cependant, je pense que leurs auteurs se montrent moins indulgents à l'égard de leurs protagonistes.
Commentaires
Enregistrer un commentaire
Veuillez rester poli et courtois