Gobseck, Honoré de Balzac

Gobseck - Une double famille par Balzac 

Résumé : Dans cette nouvelle, Balzac nous brosse le portrait d'un usurier hors du commun d'origine hollandaise, Jean-Esther van Gobseck, dont l'histoire nous est racontée, dans l'intimité d'une fin de soirée mondaine, par un narrateur intra-diégétique, l'avoué Derville ; ce dernier a pris la parole pour donner à la jeune fille de la maison un avis circonstancié sur un jeune dandy ruiné dont elle s'est éprise, au grand dam de sa mère. Cet opus du cycle de la Comédie Humaine aura trait à l'argent. 

Quatrième de couverture : Gobseck, Maître Cornélius et Facino Cane ont en commun un caractère fondamental : la fascination pour l'argent. Gobseck, implacable vieillard, a fait de l'usure un art dont il respecte scrupuleusement les règles. Maître Cornélius est un marchand riche et avare, banquier de Louis XI et Facino Cane, un noble Vénitien déchu et ruiné, à la recherche du trésor des Doges de Venise.

Mon avis : J'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans ce livre. Les personnages ne m'étaient pas particulièrement proches ou parlants, même s'ils étaient bien construits cela va sans dire pour Balzac, bien que ce ne soit pas son oeuvre la plus connue. Le portrait qu'il consacre à Gobseck, le bien nommé usurier qui détrousse les nobles, dépeint le vice de l'avarice. Ce trait est poussé jusqu'à la malice puisque le personnage fait usage de toute l'astuce dont il est capable pour se faire davantage d'argent sur le dos de personnages dans des situations difficiles. Néanmoins, il a une connaissance du monde et du genre humain dont on a l'impression que l'auteur le dote d'une sorte d'aura ou d'un respect qu'il lui voue. Son passé mystérieux proche d'un aventurier qui a voyagé en Inde et aux Amériques lui donne plus de profondeur et frappe l'imaginaire. Le narrateur voit en lui « une image fantastique où se personnifiait le pouvoir de l'or », et c'est vrai qu'il a un peu des allures de créature infernale lorsqu'on le voit tenir « les diamants près de sa bouche démeublée, comme s'il eût voulu les dévorer ». Cette figure diabolique est un peu facile à mon sens et je trouve que ça manque d'originalité, le pouvoir de l'or, l'alchimiste qui se frotte à la magie noire n'est pas loin...

Si son nom sonne comme un ultimatum, une sentence ou un couperet de guillotine, son surnom de papa Gobseck, au contraire, l'adoucit et l'auréole d'un paternalisme rassurant. Ainsi, il a su se montrer bienveillant et amical pour son jeune voisin, Derville, qui a pu acheter sa charge grâce au prêt qu'il lui a consenti ; devenu pour le jeune homme un véritable mentor, il le guide et le conseille dans les dédales des transactions financières et juridiques et dans sa carrière d'avoué.  

Au-delà de ce portrait, en toile de fond, Balzac nous dépeint également la société de jeunes dandys, une satire d'une petite noblesse qui dépense plus qu'elle ne possède avec un train de vie au-dessus de leurs moyens. 

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