Les conditions idéales, Mokhtar Amoudi
Résumé : Lorsqu'on fait la connaissance de Skander, il est à l'hôpital, blessé après s'être jeté dans le vide pour fuir un cauchemar. Il a été abandonné très jeune à de l'ASE ( Aide sociale à l'enfance ) par une mère dysfonctionnelle. Il a désormais huit ans et sa vie est à nouveau chamboulée par un changement brutal de famille d'accueil. Ce sera Mme Khadidja et une cité de banlieue parisienne. Ce récit initiatique qui suit les débuts difficiles de Skander dans la vie sont fictifs mais fortement inspirés de la vie de l'auteur. L'auteur propose certes un récit réaliste mais avant tout extrêmement vivant et romanesque. le lecteur est immédiatement immergé dans le parcours chaotique de Skander que l'on suit de l'enfance à l'adolescence, puis à l'orée de l'âge adulte avec une écriture simple, presque orale. Pour qui a vécu en banlieue parisienne entre les années 1990 et 2000, elle ne peut que raisonner en vous.
Quatrième de couverture : En quelques trimestres j'avais tourné casaque. Les Français m'évitaient, avertis par leurs parents des risques de mauvaise influence qu'ils couraient à me fréquenter. Pire, mes bulletins scolaires, ombre bien obscure, me qualifiaient de décadent et d'insolent. Devenu inapte à représenter ma classe, je laissai les professeurs m'achever lors du dernier conseil de l'année. On comparait mon apogée scolaire à la Renaissance ; un bon souvenir qui ne reviendrait jamais."Placé à l'Aide sociale à l'enfance dès son plus jeune âge, Skander est un garçon curieux de tout, passionné par la lecture. Mais son destin bascule lorsqu'il atterrit à Courseine, en banlieue parisienne, chez la redoutable Madame Khadija. Au collège, il est entraîné malgré lui par les jeunes du Grand Quartier, qui abolissent sa boussole morale. La rue devient son royaume, et l'éloigne chaque jour davantage de ses rêves d'enfant...Avec Les conditions idéales, Mokhtar Amoudi signe un roman d'apprentissage au charme irrésistible.
Mon avis : Encore un énième livre sur les banlieues ou la situation des immigrés maghrébins ? Non, je trouve que ce livre est un peu plus profond que ça et aborde de nombreuses thématiques intéressantes. On y aborde la logique des rivalités entre des cités rivales, parfois dans la même ville, séparées parfois par une rue, et de la violence qui en découle. Il est également mentionné que le fait de bien travailler à l'école, d'avoir de bonnes notes, de vouloir se cultiver et donc de s'en sortir, est mal vu. De ce point de vue, le regard des autres est très important, devant les potes, les filles, les jeunes des bandes rivales, des adultes... Entre curiosité envers le monde, envie de s'en sortir et mauvaise influence, le protagoniste s'en sortira-t-il ? Tout au long de son adolescence, il croisera différents personnages qui feront pencher la balance d'un côté ou de l'autre. Mais au final, il sera le seul maître de son destin, le seul qui pourra réellement décider de ce que sera sa vie.
Autre point important de ce récit qui n'est pas aussi explicite, l'opposition entre les personnages masculins d'un côté et les personnages féminins de l'autre. On a l'impression qu'ils vivent dans deux monde séparés, les femmes étant souvent représentées comme les gardiennes du foyer, d'abord sa tutrice puis Mme Khadidja. Quant à sa mère, elle présente une rupture, un personnage fracassé, en prise à ses addictions et à la prostitution et qu'il voit en pointillé tout au long de sa vie. A qui la faute ? La société ? La vie ? Sans tout dévoiler de l'intrigue, Mme Khadidja aura également son lot d'épreuves qui finiront pas déstabiliser le mince équilibre de son foyer.
Vous l'aurez compris, sous son apparente simplicité et son écriture accessible, le nombre de thématiques et de problèmes abordés est bien plus complexe qu'il n'y parait.
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